Publié le 14 février 2019 - Mis à jour le

Renaître de ses cendres

Jusqu’au mois de juin, le tout nouveau Centre des Archives et Bibliothèque départementales de l’Aisne (C.A.B.A) du Conseil départemental propose l’exposition « REVIVRE ! 1918, l’Aisne se reconstruit », une immersion très documentée dans l’immédiat après-guerre qui voit un territoire profondément meurtri et dépeuplé revenir à la vie.

Visite exposition reconstruction aux archives

Planter le décor

Pour bien saisir tous les enjeux de la reconstruction sur un territoire laminé par quatre années de guerre, l’exposition prend soin de replacer les choses dans leur contexte : fin 1918 l’Aisne est ravagé à 90%, la population a fui massivement, des cités comme Soissons, Chauny ou Saint-Quentin ne sont plus que des villes fantômes offrant un décor de désolation, la mort est omniprésente, les cadavres font partie du décor. Les derniers mois de la guerre ont été les plus terribles. La reprise du territoire par les alliés s’est faite pas à pas occasionnant un déluge d’artillerie qui dépasse l’entendement : de juillet à novembre 1918 on a tiré plus d’obus que pendant les quatre années de guerre écoulées ! De retour sur ses terres, un agriculteur soissonnais comptait jusqu’à 2 000 trous d’obus sur un hectare de champ.

L’Aisne comptait 530 000 habitants en 1914, 100 000 manquent à l’appel à la signature de l’Armistice et il faudra près de 60 ans pour que le département retrouve son niveau démographique d’avant-guerre.

 

Tombe et cocarde expo reconstruction

Revenir

Le retour des civils se fait d’abord de façon désordonnée. Se sentant déracinés sur les territoires qui les ont accueillis, certains veulent rentrer au plus vite alors que rien n’est prêt pour se réinstaller. Pire, sur place l’armée française est en plein désobusage et tire ses moyens de subsistance des ruines où elle évolue. Il faut que certains députés se saisissent du problème pour qu’une politique du retour soit adoptée et que l’armée se mette au service des civils qui rentrent chez eux. Ce n’est qu’à partir de 1920 que les premiers dossiers de « dommages de guerre » commencent à se constituer.

Reconstruire, repeupler et nourrir

Pour pallier le manque de main d’œuvre, on mobilise les « supplétifs », notamment les travailleurs chinois et indochinois. On assiste également à un afflux massif de travailleurs étrangers, italiens, portugais et surtout polonais car un accord est conclu avec la Pologne pour repeupler le territoire. Parallèlement, des investisseurs flamands achètent des terres pour les structurer en grands domaines agricoles sur le secteur du Chemin des Dames et de Guignicourt. Entre les deux guerres, l’Aisne est le territoire français qui connaît le plus fort taux d’immigration.

Autre problème : tués par millions, les animaux ont disparu et il faut reconstituer les cheptels. Impossible de chasser car la faune sauvage a fui le territoire, elle reviendra naturellement de façon progressive là où la nature reprend ses droits, mais il faudra du temps. L’Allemagne doit fournir des chevaux, mais l’empire vaincu est exsangue et on l’accuse de nous fournir de vieilles carnes. On incite aussi à l’élevage de poules et de lapins pour qu’un peu de viande revienne dans les assiettes.

Silhouettes expo reconstruction

Galerie de personnages

Sous forme de silhouettes découpées jalonnant le parcours, l’exposition prend le parti de mettre en valeur des figures symboliques. Aux côtés de personnages comme Anne Morgan, incarnant l’engagement philanthrope, ou Roland Dorgelès qui représente l’écrivain qui témoigne, la richesse des archives permet aussi de mettre un nom et un visage sur la veuve de guerre, sur l’agriculteur qui revient, sur le prisonnier allemand mis à contribution ou sur le travailleur chinois employé au déminage.

 

INFORMATIONS PRATIQUES

" REVIVRE ! 1918, l’Aisne se reconstruit "

jusqu'au 28 juin 2019

HORAIRES
Entrée libre du lundi au vendredi, de 9h à 12h et de 14h à 17h.
Visites guidées gratuites chaque vendredi de 14h à 17h et le 1er dimanche de chaque mois de 14h à 17h

Centre des Archives et Bibliothèque départementales de l'Aisne
Parc Foch
Avenue du Maréchal Foch
02000 Laon

Accès gratuit